mardi 14 février 2017

Kurt de Laurent-David Samama

Laurent-David Samama, Kurt, éd. Plon, collection « Miroir », 19 janvier 2017.


Le riff de Smells Like Teen Spirit a fait vibrer une génération entière. La pochette de l’album Nevermind, bébé nageur prêt à être hameçonné par un billet vert, est tombée dans les bacs comme une provocation, un constat brut d’inspiration presque surréaliste : « bébé, piscine, hameçon, pénis. Tout était là. » Le groupe Nirvana rencontre, avec ce deuxième album, un succès mondial. Kurt Cobain devient une icône. On connaît son destin : il est retrouvé mort dans sa maison de Seattle. Il a 27 ans, l’âge maudit des icônes du rock.

jeudi 9 février 2017

Hadamar d’Oriane Jeancourt Galignani

Oriane Jeancourt Galignani, Hadamar, Grasset, collection « Le Courage », janvier 2017, 286 pages.
  
Hadamar, bourgade allemande sise dans le land de la Hesse. Hadamar, Hades mare, la ville de l’enfer. Nous sommes en 1945. Un prisonnier allemand, opposant au régime nazi, vient d’être libéré de Dachau. Avant de quitter le camp, avec ses camarades il a tué ses geôliers et bourreaux, sous l’œil indifférent ou approbateur des libérateurs. Ce rescapé est journaliste, il s’appelle Franz. Il n’a qu’une idée en tête en revenant chez lui : retrouver son fils. Ce fils, il l’a élevé seul. Ce fils, il était un peu gauche, maladroit, lent dans ses gestes et ses réactions. Un grand adolescent beau  comme un dieu, à l’esprit fragile. Comment a-t-il pu traverser les années de guerre ? Qu’est-il devenu ?


Hadamar, 1945. Le commandant Wilson découvre les horreurs commises dans l’hôpital psychiatrique de la ville, en 1941. Les débuts de l’extermination. Aktion T4. Mise à mort concertée et systématique des handicapés et des demi-juifs. Arrivée en bus. Salle de déshabillage. Gazage. Le Texan Wilson est musicien, il chérit une sœur psychotique, il est juif, lié à l’Allemagne par sa mère.

vendredi 3 février 2017

Le Roi du sud de Baptiste Rossi


Baptiste Rossi, Le Roi du sud, éd. Grasset, 8 février 2017, 464 pages.

Le département du Var. La ville de Portovan, inventée. La politique varoise des années 80, réelle. Baptiste Rossi explore des terres flamboyantes et plonge au cœur du marigot politico-mafieux. Le Var, département coincé entre les milieux marseillais et niçois, point de rencontre et d’affrontement entre les anciens de l’OAS et les anciens du SAC. Dans ce sud sulfureux, on assassine et fait assassiner, on s’allie et se défausse, on aime et l’on trahit, ou l’on est trahi. Et par-dessus tout ça, ou souterrainement : l’argent, celui des magouilles, des casinos, des valises que l’on transporte jusqu’à Genève. Et la drogue, facile. Et les boîtes de nuit fréquentées par les stars du moment, tenues par les mafieux qui empochent et défouraillent, qui parviennent au sommet puis meurent dynamités. Hyères, à l’époque de l’assassinat de la députée Yann Piat était surnommée Hyères-les-bombes. Dans le roman de Rossi, Portovan devient Portovan-les-bombes.